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vendredi, 27 janvier 2012

De quoi retrouver le sourire

- Le premier muscari au balcon, bientôt suivi de dizaines de petites pousses qui pointent leur nez.

- La terre qui se déforme dans les pots sur les bords de fenêtres et laisse apparaître les premières pousses des bulbes plantés en fin d'automne. Bientôt les tulipes, les fresias, les renoncules... du jaune, du rose, du rouge, du blanc...

- La méga soirée filles à rire comme des dindes jusqu'au bout de la nuit et rentrer bien bien trop tard dans la nuit en déambulant dans les rues désertes.

- Ce très bon documentaire qui m'a fait retourner dans un festival de cinéma... me rappelant mes jeunes années et l'époque des festivals de Cannes, de Paris et d'ailleurs... Une lointaine époque.

- La livraison d'un énorme bouquet de fleurs au bureau sous l’œil intrigué de mes collègues et ma propre stupéfaction...

- Une autre surprise... la livraison le lendemain d'un paquet mystérieux... un beau livre au titre évocateur...

- Le baume au cœur provoqué par ces deux surprises si touchantes

- Cette soirée à tirer des plans sur la comète jusqu'au milieu de la nuit, à mesurer, gommer, imaginer, dessiner, réfléchir...

- Le nouveau service d'assiettes super rétro en porcelaine anglaise super kitschouille mais tellement mignon... une belle "prise de guerre" !

- La pile de chick-lit empruntée à une copine moi qui ai besoin de lectures légères et débiles en ce moment je vais être servie

- Ce repas avec des potes chez moi autour d'une bonne tarte aux poireaux terminé tous en tenue de ski dans ma chambre avec les bâtons, les skis, les masques...

- La nouvelle étagère dans ma cuisine qui me permet de ranger toutes mes théières et une partie de mes tasses.

- Être enfin arrivée au bout de ce bouquin que je trainais depuis plus de 6 mois et que je lâchais entre d'autres lectures, "Le Goût des Pépins de Pommes", acheté tant sa couverture m'avait inspirée... Pfiou. Lourd, longuet, sans grande saveur... mais tout de même agréable.

- La première soirée raclette de la saison à évoquer des souvenirs de ski, de descente, de glisse...

- Avoir pu croiser en coup de vent ma chica-loca entre deux réunions et me replonger un an en arrière dans nos plus folles heures. Nostalgie nostalgie.

- Me dire que je suis sortie chaque soir de la semaine, même si je me suis couchée bien bien trop tard... et qu'il me faut une grue atomique pour me sortir du lit le matin...

lundi, 23 janvier 2012

Les alignements de planètes.

Il y a des jours comme ça... que j'appelle "les journées à alignement de planètes". Et à n'en pas douter aujourd'hui en était une. Une bonne grosse.

Des journées d'une intensité telle que seuls les alignements de planètes peuvent expliquer. Des journées qui enchaînent les bonnes nouvelles, les succès, les réussites... ou au contraire. Et aujourd'hui on était plutôt dans cet esprit...

Ca commence généralement dès le réveil.

Ce matin la sonnerie me tire d'un rêve tordu que je m'empresse de noter dans mon petit carnet à rêves où j'ai pris l'habitude de coucher mes réflexions si intenses de ces dernières semaines. Un rêve qui n'a p(lu)as lieu d'être. Qui forcémment me plonge dans une forme de déprimo-nostlageo-flottement pour pas mal d'heures à suivre. Pourquoi un rêve pareil maintenant. En cette période j'en conviens... mais pas sous cette forme. Pas sous ce bonheur non exprimé. Pas dans ce sens. Pas ça maintenant. Pourquoi. Je passe ma douche, mon pressage d'oranges, mon habillement, mon cherchage de clés... à cogiter sur la signification de tout ça.

Il y a le rendez-vous devant le notaire... pour boucler une affaire qui va me libérer et me soulager de tant de tracas. Évidemment je ne trouve pas de fringues à me mettre ce matin. Les pulls que je n'ai pas lavés après ce week end harassant qui sont encore dans le bac à linge. Le petit haut que je n'ai pas envie de porter. Je dégotte finalement un haut de printemps... vues les températures extérieures ça ira très bien.

Persuadée d'un rendez-vous à 9h30, je prends le temps de ranger les perceuses et scies sauteuses utilisées pendant le week end. Une sonnerie stridente me rappelle à 9h qu'il est l'heure. Merde... en retard. Pourtant j'étais sûre de mon 9h30. Je cours. Je trouve porte close. Le rendez-vous était bien à 9h30. Il faut écouter son instinct personnel plutôt que l'électronique. Une remarque assassine dont je me passerais bien pour commencer le rendez-vous. J'ai déjà les larmes aux yeux depuis le matin pas besoin d'en rajouter. Des signatures, des paraphes, encore et encore. Des dizaines de pages.

L'heure tourne... mais je sors du rendez-vous tellement libérée que j'aurai pu écouter encore et encore des heures de lecture.

Bureau. Le coeur gros de tout ça. J'ai encore les larmes au bord des yeux. J'ai envie de fuir. De rentrer, de m'enfermer... Mais je dois être là. Réunion à n'en plus finir. Je ne suis pas dedans. La tête ailleurs. Pas là. J'hésite deux fois à quitter la pièce tant je sens que je vais craquer. Je résiste et tente de garder la face.

Je suis attendue chez moi depuis 30 minutes. Je cours. Notaire fait. Réunion au sommet faite. Mode cerveau en troisième position le temps du trajet... Me concentrer sur moi maintenant. Me détendre et oublier le bureau. Se concentrer sur ce qu'il me raconte. Sur ce qu'il va falloir faire.

Ma tête fuit parfois vers le rendez-vous de l'après midi. Me concentrer sur ici et maintenant en laissant de côté tout le reste. Et notamment cette autre réunion si importante. Repoussée évidemment d'une heure. Évidemment. Raccourcie à une toute petite heure alors qu'il nous faudrait au moins 1 journée pleine pour évoquer tous les points. Je fonce. J'abats mes cartes. Je me fais "défoncer", engueuler. Il crie. Les larmes ne sont plus sur le bord des yeux.. Envie de fuir encore. De dire merde à tous, à tout le monde. Fuir dans le Pacifique, retrouver le lagon. Je ne craque pas. Il ne faut pas. Je cherche du soutien... un regard qui m'apaisera.

Courir encore. Dans la nuit pour boucler la boucle. Un connard qui ne veut pas m'ouvrir une barrière. Dans la précipitation je me prends une poutre dans la tête. Une vraie prise de tête. Celle-là au moins dans le sens premier du terme. Je vacille de douleur... J'ai envie de pleurer. Décidément c'est la journée à tout garder en moi. Je rêve de pouvoir être seule dans mon lit et pleurer. Pleurer de douleur. Pleurer de trop plein. Pleurer de trop d'émotions. Pleurer de pleurs. Mais ce n'est pas possible, il faut tenir encore... et terminer tout ça. Ce soir peut être, dans mon lit.

Je m'offre un gin tonic dans un bar. Ce n'est sûrement pas dans l'alcool qu'on noie le chagrin et les larmes. Mais ce soir j'en avais besoin. Ne serait-ce que pour m'asseoir et dire merde à tout ça.

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[Le temps de jeter les mots ici pour évacuer le trop plein de tout... mon riz a cramé dans la casserole... Mais c'est pâââââs grave. J'ai des bonnes carottes vichy qui rattraperont ça. Normalement. Si je ne les ai pas ratées aussi... Alignement de planètes je vous dis.]

[Edit du lendemain : Mais qu'apprends-je ???? Le troisième lundi du mois de janvier est selon les plus éminent scientifiques le plus déprimant de l'année !!!! Ah ben pas qu'un peu je confirme !!!!!]

dimanche, 22 janvier 2012

12 mois... et moi et moi. SEPTEMBRE.

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Septembre. Mon mois.

Le 1er, je fête mon anniversaire seule chez moi devant un gros plateau de sushis. Je mange mon gâteau d'anniversaire toute seule sur un banc. Tout est dit.

De septembre je ne retiens que les week end pendant lesquels je profite du sursaut estival pour partir loin, très loin dès le vendredi soir arrivé. C'est bien la seule motivation à la reprise du travail : fuir ma ville pour retrouver les miens à des centaines de kilomètres de là.

Avion. Voiture. Train. Profiter du bonheur d'avoir à nouveau des week end sans travailler ! J'avais oublié ce que ça faisait :)

Je retourne vers la montagne, rattraper les jours de pluie des vacances et profiter de l'été enfin là pour me faire quelques ascensions. L'une d'elles est celle de la montagne qui « veille » sur notre village. Ce pic que j'ai dans le dos depuis plus de 30 ans et qu'incroyablement je n'ai jamais grimpé... sûrement l'un des rares de la région d'ailleurs.
Nous sommes fin septembre il fait plus de 30° à 2000 mètres d'altitude. Nous marchons toute la journée avec mon meilleur compagnon de rando. Je vibre de l'intérieur à chaque pas qui me rapproche du sommet. Le chemin est pavé de milliers de colchiques. J'ai une sensation bizarre de bonheur absolu. Nous dominons toutes les vallées. La notre, celle de Petite Ville, celle de Très Grande Ville et là bas derrière l'Espagne. Nous nous endormons plus d'une heure au soleil. Rarement endroit ne m'aura autant réjoui. Tout est si beau, si merveilleux. Je suis tellement émue devant ce spectacle. Tout me rappelle mes plateaux africains, la savane des Plateaux Batékés où nous partions tous les week end. J'ai les larmes aux yeux devant telle beauté. Il ne peut pas y avoir deux endroits aussi opposés que l'Afrique profonde et les montagnes pyrénéennes. Et pourtant... J'imagine à cet instant le jour où je retournerai fouler ces terres de mon enfance. En serais-je capable un jour ? Pour redescendre, nous tapons tout droit à vue. Pas de chemin, juste l'instinct. Je cours les bras en l'air en criant très fort. Il fait chaud, les montagnes deviennent violettes.

Ce jour-là restera sans conteste l'un des plus beau de 2011.

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Un autre week end encore, je retrouve une amie pas vue depuis plus de 15 ans. Nous étions justement au collège ensemble au Gabon, les deux rivales en classe pour la première place, mais amies évidemment dans cette classe où nous n'étions que 4 filles. Celle avec qui j'ai mené un jour une manifestation géante au collège entraînant les 200 élèves derrière nous jusqu'au bureau du directeur pour une sombre histoire de serre-tête dans les cheveux. Ma plus belle rébellion dont on rit encore 15 ans plus tard. Le temps a passé et les épreuves de la vie avec. Je me dis que dans celle que j'ai traversée au moins je n'ai pas eu d'enfant en jeu.

Fin septembre, je fuis une fois de plus retrouver là où bat mon cœur. Une autre belle rando, vers « notre » cascade...  Un bon pique nique, une chaleur de plein mois de juillet (pas comme celui de cette année certes...). Des amis, la famille, la maison qui revit... Il ne devrait y avoir que des week-end !

A l'aéroport, avant de repartir, en regardant le ciel d'or si beau, je me fais une promesse. Il y a des rendez-vous à ne pas rater.

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mardi, 17 janvier 2012

Avec Marloute

Ça commence par Marloute, qui m'envoie un petit texto pour me dire qu'elle arrive. Qu'elle débarque. Et ça... rien que ça, c'était déjà une belle entrée en matière pour un week end où je me forçais à rester chez moi, à ne pas partir courir la France.

Il y a eu d'abord la danse de la joie quand on s'est retrouvée sur le chemin de la gare annonçant le ton des deux jours à suivre. On a marché dans le froid saisissant en s'exclamant tous les 3 mètres sur le si beau ciel bleu. Ce ciel translucide d'hiver quand le soleil brille de toutes ses forces sans réussir toutefois à réchauffer l'air. Tout était beau. Le château resplendissait. Les arbres décharnés nous étourdissait de leurs branches emmêlées.

J'ai aimé être assise sur mon lit et échanger sur les futurs aménagement de la chambre. La construction du grand placard d'angle pour ranger les valises et tout ce qui ne rentre plus nulle part. La place de l'escalier pour rallier la deuxième chambre. Ma chambre sous les étoiles.

Et puis nous sommes parties affronter le froid, flâner dans les plus belles petites boutiques de la ville. Loin des foules venues profiter de soldes qui n'en ont plus que le nom. Nous avons préféré les rues parallèles, les toutes petites boutiques. Loin des grandes enseignes. Celles dans lesquelles on a pu rêver et imaginer nos intérieurs de quand "on sera grandes". Les meubles majestueux, les objets que l'on imaginait si bien chez nous. La belle lampe en bois rappelant les coraux sous-marins sur laquelle nous avons flashé toutes les deux. On a déambulé comme ça dans les rues, découvrant au hasard des vitrines qui nous faisaient de l'oeil... jusqu'à ce que l'on ai vraiment trop froid.

La nuit est venue, assises au coin du feu à boire un thé fumant on a parlé de milles choses. J'avais allumé les bougies et toutes les petites lampes. On a partagé une galette mais ni elle ni moi n'avons été reines. Pourtant on s'était promis d'être le roi de l'autre pour l'occasion. Je l'ai finalement eue ce matin au petit dej trois jours après. J'ai aimé raviver le feu pendant qu'elle parlait et que l'on échangeait sur tant et tant de choses. On refaisait le monde. Notre monde en fait. S'apportant l'une à l'autre les réponses aux questions existentielles que l'on se pose.

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Il était déjà tard quand on a commencé à préparer un hachis de potimarron au canard. Avec des noix et des noisettes ramassées à l'automne. On a continué à parler, parler tout en préparant notre plat. On sautait du coq à l'âne. Et de l'âne au coq. En passant par les chameaux, les singes, les crocodiles, les chats, les lézards et j'en passe. On ne savait plus bien où l'on en était, même si sur le fond tout cela avait une trame bien linéaire. Notre vie. La vie.

Il y a eu le lendemain un brunch 4 étoiles dans mon endroit fétiche, une occasion de plus pour philosopher. Sur des sujets que je n'aborde qu'avec elle. Parce qu'elle est bien ma meilleure confidente et celle qui me conseille le mieux.

Et puis au moment où l'on traversait la grande avenue pour aller prendre le bateau... au milieu d'une énième conversation, j'ai réalisé la date du jour. Et là... j'ai sautillé, j'ai dansé, j'ai tourné sur moi-même. J'avais envie de crier et de chanter au monde cet instant. J'étais au milieu de la route mais qu'importe. J'étais si heureuse que ce soit avec elle que je réalise ce moment. Elle qui a réussi ce que j'ai raté... Parce que ça symbolisait tant de choses cet instant.

C'est si bon d'avoir une amie comme elle. De pouvoir tout nous raconter. Tout nous dire. Comprendre les silences et les ellipses. Voir les années parcourues, les chemins qui se coupent, se recoupent, s'éloignent, se rapprochent... mais avec la trame commune de notre belle amitié depuis... plus de 16 ans.

[ Je vous invite ordonne d'aller lire chez elle ses si beaux mots après notre week end de filles, juste toutes les deux. ]

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dimanche, 15 janvier 2012

12 mois... et moi et moi. AOUT.

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La maison est remplie par ma bande d’ados. Je suis chef-colo ou maman par substitution de famille (très) nombreuse, c’est selon… Dehors il pleut des litres d’eau. Le jardin est inondé. On allume le chauffage et les cheminées. Les pulls et les polaires sont de rigueur. Les sommets sont pris dans la brume. Je rêve de longues marches et de hautes ascensions mais la météo nous l’interdit. Alors on se rabat sur des parties de tarot jusqu’au bout de la nuit, de discussions au coin du feu, de lecture. La Toussaint en août… c’est pour le moins original... mais sacrément frustrant.

Il n’y a bien qu’au moment des repas que je vois réapparaître ma marmaille. Chaque soir je regarde cette belle table si heureuse, si joyeuse. Je reprends goût à faire à manger pour ces bouches affamées qui n'ont d'heure que celle de leur ventre. Moi qui ne fais habituellement les courses qu’une fois par mois… je rentre du supermarché 2 fois par semaine avec deux chariots pleins à craquer. Je désigne systématiquement au hasard deux ou trois qui viendront m'aider à les remplir et les pousser.

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Le soleil revient timidement. Les activités extérieures et sportives avec. On grimpe, on rame, on saute dans le vide, on descend en rappel, on marche, on escalade… On dort à la belle étoile, on cuisine sur le feu de bois. Les plus belles amitiés se font. Celles de quand on a 15 ans. Je suis ravie de les voir tisser ces liens si importants si constructifs. Je ferme les yeux sur les débordements nocturnes. Comme dirait le vieil adage « il faut que jeunesse se fasse »... et je préfère qu'elle se fasse sous mon œil lointain superviseur dans un endroit où ils ne risquent rien.

Au fil des jours, la petite bande d'ados se plait à réapparaître à l'heure du goûter. Ils aiment boire mes thés parfumés et viennent me trouver dans le village si je ne suis pas dans mon jardin à ce moment là, tant ce moment tous ensemble est devenu un rendez-vous apprécié et attendu de tous. Il ne faut pas trop de trois théières pour servir tout le monde. On varie les plaisirs et les saveurs... ils aiment découvrir les thés fumés, les thés noirs, les thés de Chine. Les trois grandes tables mises bout à bout pour accueillir la quinzaine de gamins se transforment en salle de jeux. Quatre clans se forment et se déforment au fil des parties. Poker, Tarot, Scrabble...

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A défaut de me reposer physiquement je fais le vide dans ma tête et c’est bien ce dont j’ai le plus besoin. Mes propres amis se succèdent tout au long du mois. La bande d'ados s'étoffent, les amis d'amis ne veulent plus partir.  Chaque départ se fait dans les larmes tant ils ne veulent pas se quitter. Ils se jurent de se revoir aux prochaines vacances, et de se skyper, facebooker, tchater, sms-er...


En fin de mois, une fois la maison vidée, je décide de m'accorder une semaine de vacances supplémentaire. Je me sens incapable de remonter vers le « grand nord » et le travail. Et surtout d'abandonner les belles chaleurs devenues enfin estivales. J'accumule en une semaine toutes les randonnées dont ont a été privés pendant les jours pluvieux. 


Je reprends la route un soir quelques heures avant la reprise. Comme à chaque fois que je quitte mon village, j'ai le cœur serré, les larmes aux yeux et la nostalgie de quitter les gens que j'aime. Je roule toute la nuit. Je souris souvent en repensant à ce si beau mois tous ensemble dans la grande maison.

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samedi, 7 janvier 2012

12 mois... et moi et moi. JUILLET.

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Réponse à mon très gros projet boulot… finalement les mois à venir ne seront pas consacrés à un tour de la planète par tous les continents. Je suis infiniment déçue tant j’ai cru à ce projet et tant j’espérais m’envoler pour de longs mois de goguette. J’essaye de relativiser et d’envisager l’année à venir différemment. Me stabiliser un peu, vivre plus de 6 mois d’affilée chez moi, réaménager l’espace… découvrir ma ville, apprendre à l’aimer… La stabilité me pèse… il va falloir m’y faire.

Juillet est là, l’été, la chaleur… Ma saison préférée. J'ai repris mes marques chez moi et profite de chaque instant dans mon appartement. Je reconnecte avec chaque objet, chaque plante. Il faut dire que j'y ai passé moins de 20 jours cumulés ces 7 derniers mois...

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Au bout du monde, la folie humaine éclate. Les actualités me tordent les tripes. J’angoisse à chaque réveil de savoir ce que m’apporteront les informations. Je n’allume plus la télé et ne regarde surtout pas les images. Chaque vibration de mon téléphone me glace et me laisse envisager le pire. Souvent à l’autre bout du fil j’essaye de me contenir mais j’éclate en sanglot si tôt raccroché. Certains traumatismes d’enfant refont surface et je réalise tout simplement l’impact qu’ils ont sur ma manière de vivre cette période. Mal. Très mal.

Un nouveau mélodrame éclate. Je n’ai pas envie de ça, pas à ce moment-là. Je me retrouve piégée malgré moi. Je ne veux plus me polluer par ce genre d’histoire…

Il est grand temps de m’accorder vraie coupure après cette année folle… J’ai besoin d’air, de grand air. De couper avec cette « histoire pourrie » et prendre du recul. A tout cela une seule solution, me réfugier à la montagne.

Je récupère une voiture pour quelques mois. C’est parti pour la grande transhumance estivale. J’ai un peu plus de 900 km devant moi pour mon premier grand trajet toute seule. Je mets la musique très très fort sur l’autoroute, je chante à tue-tête. Je découvre cette sensation de liberté dont tant de monde m’a parlé. Mais l’apothéose est le passage du Viaduc de Millau, le son poussé au maximum, je hurle au-dessus du vide et me dandine sur mon siège en agitant les bras. A cet instant tout précis le monde m’appartient. J’ai l’avenir entre mes mains, mes seules mains. J’exulte.

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jeudi, 5 janvier 2012

12 mois... et moi et moi. JUIN.

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L’été est presque là. Les températures grimpent. Place à de nouveaux au revoir, pour plusieurs mois ceux-là et des circonstances bien moins réjouissantes. Les mois à venir seront évidemment remplis d’angoisse et de stress. De moments suspendus et d’alerte permanente. Je suis si fière et inversement si inquiète.

Un peu plus d’un mois que je suis rentrée. Je suis à bout de souffle, j’ai bouclé tout ce que j’avais à faire au bureau. Il faut dire que je n’ai pas eu de vacances depuis plus de 9 mois… et enchainé des semaines de 7 jours depuis… depuis quand… déjà ? Mon méga projet est envoyé… c’est la clé de ce qui me permettra peut être de m’envoler pour une belle année de voyages autour du monde. Il est temps de penser à moi et de partir souffler. Un coup de tête,  un appel, quelques clics, je prends un billet d’avion pour Pointe-à-Pitre pour le surlendemain.

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Les deux jours avant mon départ prennent des allures de mélodrame. Dallas et Santa Barbara à côté sont bien fades. Il est temps de faire table rase, de partir sur de nouvelles bases… qui plus est sachant – non-officiellement - ce qui se trame en coulisse. Je pars en vacances libérée et soulagée, même si je sais que les mois à venir ne seront pas simples du tout.

Je décolle vers mon île… un autre de mes refuges. Séjour mitigé. Je suis tellement épuisée que je passe mon temps à dormir. Des nuits de 12 heures, suivies de siestes de 2 ou 3 heures sur la plage le matin… les mêmes l’après midi… Je dors, je dors, je dors. Je ne suis capable de rien d’autre que de dormir (et nager, et barboter et papoter et me gaver de vitamines de fruits et profiter quand même…) Le temps est maussade pour ne rien arranger, le début de la saison cyclonique et les premières tempêtes tropicales. Mais la Guadeloupe restera toujours la Guadeloupe, si chère dans mon coeur et dans mes tripes.

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Un matin, au hasard des routes, je retombe sans le vouloir devant ma première maison en Guadeloupe. Celle qui aura le plus compté dans ma vie parmi les dizaines dans lesquelles j'ai vécu. Je m'arrête au bord de la route pour la regarder. Ici, seuls les souvenirs restent et les amitiés dans le morne. La mare a disparu. Esmeralda notre manguier couché par le cyclone Hugo est toujours là. J'ai la nostalgite aigüe. Je me revois enfant, je nous revois si heureux. La journée qui suit est à l'image de ces souvenirs qui se percutent dans ma tête. Heureuse, belle, émouvante.

Je ne sais pas et ne veux écrire sur ce soir de pleine lune qui vient clore mon séjour... mais s’il me restait encore des doutes, je sais que 2011 marque définitivement le début de l’après…

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mardi, 3 janvier 2012

Belle Année 2012 !

Petit interlude dans la série « des 12 mois et MOI et MOI ». Tout est écrit et illustré, mais je n’ai finalement pas pu poster les billets avant la nouvelle année.

Et pour cause… j’ai fêté le réveillon dans une cabane perdue au milieu de la montagne dans la neige, à deux heures de marche de toute habitation, loin de la civilisation, de la ville, des réseaux téléphoniques, de l’électricité… La plus belle des natures pour passer en 2012. J’en rêvais depuis bien longtemps… mon vœu s’est exaucé !

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Une petite cabane où l’on a dignement fêté l’arrivée de l’année entre amis dans une belle ambiance, où l’on a cuisiné des magrets Rosini sur la braise au feu de bois, où l’on s’est réchauffé à grand coup de Ti’punch et champagne (et de chaleur humain ahmmm), où l'on a chanté et rit jusqu'au bout de la nuit, où l’on a petit déjeuné en tee-shirt dehors le 1er janvier au-dessus d’une mer de nuages avec une vue époustouflante à 360° sur les sommets…

Qu’elle était bonne cette escapade. La belle bataille de boules de neige pour commencer l’année, la piste de luge improvisée où je me suis révélée une sacrée descendeuse, la grimpette vers un sommet avec de la neige jusqu’aux mollets mais en débardeur tellement il faisait chaud, les belles rencontres, les rigolades, les moments de contemplation…
Un petit concentré de ce que j’attends de 2012… et que je vous souhaite à toutes et à tous !

Belle et heureuse année !

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Certaine des photos ne sont pas de moi… ayant égaré mon appareil photo lors d’une rando deux jours avant le réveillon quelque part hors sentier au milieu de la neige et des fougères. Autant dire que j’avais peu d’espoir de pouvoir le retrouver ! Mais c’était sans compter la battue « à l’appareil photo » lors de notre redescente de la cabane en tentant de retrouver là où l’on était passé 3 jours plus tôt à l’aveugle ! Appareil retrouvé par mon lynx de cousin, autant dire que c’était totalement inespéré ! Il fonctionne parfaitement malgré le froid, la neige et la pluie ! Yeah !

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mercredi, 28 décembre 2011

12 mois... et moi et moi. MAI.

[ Je reprends la série après une trêve de Noël sans ordinateur et loin de mon téléphone. Je pensais avoir le temps et l'envie d'écrire... mais je me suis consacrée entièrement et uniquement à ma famille. Des retrouvailles et un retour tant attendus mais difficiles à gérer. La joie d'avoir pu passer Noël tous ensemble, loin de l'angoisse et de la peur des derniers mois. Je peux vous assurer qu'il n'y a pas plus beau cadeau ! Joyeux Noël à retardement donc :) et plus que jamais, que la paix règne un jour sur cette terre... ]

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Mai, le mois du retour. Cette fois plus moyen de prolonger ou de grappiller des jours. Il faut se résoudre, la mission ici est terminée et il faut prendre le chemin de la maison. L’officielle du moins… puisqu’à n’en pas douter celle de cœur est ici.

15 jours de travail à un rythme « normal » permettent d’avoir l’impression d’être en grandes vacances. Les jours qui rallongent aident à renforcer cette sensation... Le matin avant de travailler plage et surf ; le soir longues ballades dans la ville où à chaque pas on sait qu’on passe là « pour la dernière fois ». On mange dans notre petit restau « pour la dernière fois », on s’achète une salade « pour la dernière fois », on se voit « pour la dernière fois », on va à la plage « pour la dernière fois ». Tout est « dernière fois » avant le retour... On tombe peu à peu dans le caricatural... et on en rigole.

Dernières soirées de fête aussi... qui commencent systématiquement dans notre QG. Les patrons nous offrent « la dernière tournée » pour notre fidélité des derniers mois. On en pleure dans un dernier verre tellement on sait que rien ne sera plus comme avant une fois chacun reparti aux quatre coins de la planète.

Et puis un matin je réserve un billet d’avion. Contrairement aux dizaines des derniers mois celui-ci est un aller simple. Une date. Une heure. Le retour est désormais fixé. On prendra le même avion avec ma super-copine-collègue. Il faut au moins ça pour surmonter le retour.

Je commence à rassembler mes affaires, mais ne me contraint pas à les mettre dans des valises. C'est qu'on accumule des choses en 5 mois !

Arrive le dernier jour, puis la dernière soirée. D’abord un « apéro vide placard » chez moi… avant de filer à une grande réception avec les huiles du pays… puis passage obligé dans chacun de nos lieux mythiques de perdition… Une nuit à l’image des mois qui s’achèvent… et qui se termine évidemment là où tout a commencé…

Au tout petit matin, je rentre chez moi et ouvre une dernière fois la porte de l’immeuble. Il me reste 3 heures avant l’avion. J’ai 5 mois d’affaire à boucler et cette fois plus moyen de reculer. Je remplis les sacs, les valises avec tout ce qui me tombe sous la main… L’appartement est vide, il n’est déjà plus à moi. Je claque la porte. Clap de fin sur la plus belle tranche de vie de ces 5 ou 6 dernières années.

Gorge serrée dans le taxi surchargé qui nous mène à l’aéroport… éclats de rire quand il faut négocier l’enregistrement de nos dizaines de kilos d’excédent de bagage. L’avion décolle, mais ce soir je ne serai pas dans celui de retour qui me ramène habituellement.

Paris, la grisaille, Orly encore plus triste qu’habituellement, taxi, bouchons, bouchons, klaxons, TGV, en deux heures je récupère de ma nuit blanche, Nantes, taxi que j’insulte en lui disant tout le mépris que j’ai pour lui. Maison.

Il va falloir se réapproprier les lieux, il va falloir faire revivre mon petit cocon. J’ouvre mes valises et rigole toute seule. Je me revois quelques heures plus tôt entrain de fourrer mes affaires à la va-vite. Je repense déjà avec nostalgie à cette vie déglinguée des derniers mois, mes amitiés si fortes, mes amours... Ce pays où j'aurai mis bout à bout j'aurai vécu 3 ans au cours de ces 5 dernières années. Et cette mission évidemment si passionnante et si riche.

Dès le lendemain matin je reprends le chemin du bureau. Pas de transition. C’est mieux ainsi. Même si la pilule est dure à avaler et que je tire une gueule de 12 km de long en retrouvant mes collègues. Tout est si fade ici, dans cette ville. Mais je me promets de ne pas leur faire payer mon désarroi  à être de retour, je fais les efforts pour en tout cas. Et pour m’approprier enfin cette ville où je n’ai jamais vraiment eu de plaisir à vivre. j'en fait mon objectif pour l'année 2011. Aimer et vivre dans ma ville.

Et puis c’est le printemps, il fait beau, une belle réunion de famille nous réunit tous. Je reçois de belles visites chez moi. Je me réapproprie mon appart, je range mes valises, je jardine pour redonner une forme humaine à mes plantations abandonnées, je fais des projets… Les derniers mois ont été si forts et si intenses… il faut que je continue à surfer sur la même vague… 

mais l'essentiel est d'être à nouveau tous réunis, dans un pays où il fait finalement plutôt bon vivre...mai2011_002__8_.JPG

jeudi, 22 décembre 2011

12 mois... et moi et moi. AVRIL.

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Mars devait être le dernier mois complet dans mon pays d'accueil... Mais l'idée du retour est tellement insupportable que je réussis à prolonger mon séjour jusqu'en mai. Se rendre indispensable, parfois ça a du bon.

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avril2011_073__7_.JPGAvril marque tout de même le début de la fin. Le rythme au travail se calme un peu et m'offre une après midi ou deux de repos par semaine pour profiter enfin de la ville autrement que par ses activités nocturnes, seuls moments hors travail depuis 3 mois. J'ai l'impression d'être en grande vacances avec ces quelques heures de répit. Je redécouvre les charmes des ruelles. Je déambule des heures le nez en l'air pour profiter de cette ville qui me fait tant vibrer. Je découvre des centaines de bonnes adresses. Je déniche des perles de boutiques. Avec ma super-copine-collègue on découvre mille petits endroits. Je ne me suis pas autant plu dans une ville depuis des années. C'est ici que je veux continuer à vivre. Tout correspond tant à mon mode de vie. L'idée même que tout cela est bientôt terminé me hante chaque nuit.

Les amis et la famille continuent à venir me visiter. Ca se bouscule même ! Karmara vient me voir en début de mois. Je lui fais partager ma vie débridée et les bars malfamés de la ville. Une nuit, une amie de France m'appelle... il est 5h du matin elle est devant ma porte à 400 km de chez elle... un délire lancé en fin de repas par texto... auquel je ne croyais pas ! S'il n'y a pas plus vraie amitié que celle de débouler en pleine nuit je ne m'y connais pas en copines déjantées ! Quelques jours plus tard, je suis ravie d'accueillir Marloute et bébé R. ; et en même temps ma mère en escale en Europe depuis ses îles lointaine. Il fait déjà tellement chaud en ce début de printemps. Les arbres sont en fleur depuis longtemps, la plage noire de monde, les chaleurs si douces. Je m'échappe de mes contraintes pro pour profiter des gens si chers qui sont là. J'ai tant envie de leur faire aimer cette ville si précieuse à mon coeur. Nous arpentons les rues du nord au sud, d'est en ouest, bébé R. dans mon dos ou sur mon ventre. Elle semble ravie de visiter son premier pays étranger. Elle ne réalise sûrement pas... mais elle ne rate pas une miette de nos heures de marche. Je suis ravie de jouer la maman. 

C'est le début des premiers au revoir dans l'équipe formidable avec qui je travaille depuis le début de l'année... Chaque départ est fêté jusqu'au bout de la nuit tant nous avons été unis et soudés. Puis c'est au tour de notre Club des 5 infernal de se dire adieu. Ces derniers mois ont été tellement forts, tellement exceptionnels, tellement intenses. Il est si dur de mettre un terme à certaines histoires.

Mes nuits sont hantées de cauchemars tant j'appréhende mon retour en France. Je sais tellement tout ce que je vais quitter ici... et ce que je ne retrouverai pas là-bas. Les êtres chers dont je dois me séparer par la force des choses. Nos chemins se séparent ici... pour l'instant en tout cas; Tout ici correspond tant à mes idéaux. 

Alors, pour contrer cette déprime du retour chaque instant du mois d'avril est vécu à la puissance 1000 et plus que ça encore. Chaque minute est consacrée à engranger des souvenirs, des rires, du réconfort, de la tendresse, de la chaleur humaine, de la douceur, d... il faudra bien ça pour avoir la force de rentrer.

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mercredi, 21 décembre 2011

12 mois... et moi et moi. MARS.

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A trop s'y frotter on finit par s'y piquer... ou à se brûler les ailes. C'est selon.

Je décide sur un coup de tête de prendre quelques jours pour moi. Pour m'évader et faire le point. J'ai besoin de comprendre, de savoir ce que je veux vraiment. Je sais que je suis à une transition de ma vie à ce moment-là. Je me réfugie là-haut dans ma montagne. La neige est au rendez-vous, j'ai besoin de solitude. Seule dans la grande maison glaciale, je m'assois sur un rebord de fenêtre. Toutes les 10 minutes je me lève pour tourner les vinyls. Le son craque. Les paroles m'envoutent. Je n'ai pas entendu tel silence depuis des mois, depuis que je vis dans le pays du bruit par excellence. Je réfléchis le regard dans le vide perdu entre les flocons. Il est si bon cet instant suspendu. Si précieux.

Plus tard je réaliserai que ces quelques heures assise sur la fenêtre sont sûrement les plus fortes de ces dernières années. L'introspection. L'auto-sondage. Ca faisait si longtemps que je n'avais pas pris le temps pour ça. M'asseoir deux heures juste pour moi. L'avais-je déjà fait un jour finalement ?

Je rentre avec des réponses... j'ai l'impression d'avoir pris 3 semaines de vacances... je ne me suis pourtant arrêtée que 3 jours. Le travail continue plus intensément. Les sorties nocturnes plus déjantées encore. D'autant que l'on commence à penser à la fin de notre séjour... la fin de notre parenthèse enchantée. Alors on engrange encore et encore des moments forts.

Lors d'un de mes traditionnels aller-retour hebdomadaire en France, je me fais agresser dans la rue en plein Paris. Je commençais à me réconcilier avec la gente masculine. J'ai affaire à un salaud de mec capable par une agression physique de ruiner la vie de femmes n'ayant rien demandé à personne. Je suis forte physiquement et mentalement. Mais toutes les autres ? Je reprends l'avion pleine de haine. Ca ou autre chose... mais le lendemain matin, en sortant de l'eau après une session de surf, assise sur le sable j'ai une révélation en regardant le lever de soleil sur l'horizon. Je suis si bien à cet instant précis à ses côtés. Quand on dit que l'arbre cache toujours la forêt... je me prends en pleine face l'évidence. Deuxième baffe de l'année du même esprit que celle du jour de l'an... Décidément.

A la fin du mois je m'accorde un week end et 2 jours de repos... mental. Car le physique est mis à rude épreuve pour l'occasion, mais c'est ma manière de récupérer de tout le reste. Je skie de jour. De nuit. Le rire et l'amitié sont au rendez-vous. Les fous-rire incontrôlables, les pistes juste pour nous... J'assiste en dévalant les pentes au coucher puis quelques heures plus tard au lever du soleil. Il n'y a pas de spectacle plus magique que celui de la nature. C'est en tout cas celui qui m'émeut le plus.
Pour conclure cette parenthèse dans la parenthèse, un chalet de rêve perdu au milieu de la montagne où l'on n'accède qu'à skis nous accueille pour nous remettre de nos efforts. Deux jours de grand grand luxe. Je fais ma première vraie longue nuit de sommeil depuis le début de l'année. Tout est si beau, si grand, si idyllique. Le vin si bon. La cuisine si raffinée (et je ne parle pas du hamburger en photo, bien qu'un hamburger grand chef sur le toit du monde a aussi une certaine saveur !). La douceur de l'endroit. Le jacuzzi dans la neige à la belle étoile. Le lit si moelleux...

Se faire chouchouter. C'est bien aussi. Oui. C'est même très bien.

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mardi, 20 décembre 2011

12 mois... et moi et moi. FEVRIER.

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Je n'ai jamais douté que vivre dans une ville de rêve, dans un pays attrayant où le soleil brille été comme hiver, où la mer reluit et où les rues s'animent le soir venu était le meilleur moyen pour que les amis et la famille se bousculent !

En un mois j'ai plus de visites qu'en toute une année dans mon "grand nord". Et même si je travaille semaine et week end... j'essaye de m'échapper quelques heures pour profiter des gens qui viennent me voir. Mon très grand appartement se transforme en véritable auberge espagnole. Les lits et les chambres d'amis voient défiler nombre de convives. J'héberge des amis. De la famille. Des amis d'amis. De la famille d'amis. Des amis de la famille. Je rentre parfois sans savoir qui je trouverai le soir-même chez moi. On rigole, on s'amuse... les repas prennent des allures de grand banquet. Des liens se tissent de jour en jour, plus forts encore, plus intenses. On prend nos aises dans ce qui devient notre QG de perdition. Les mojitos coulent à flot. Les nuits se font plus courtes chaque jour. J'ai perdu toute sagesse. Je rattrape mes années d'étudiante si sérieuse.

Pour écumer le trop plein d'alcool et de fêtes, je cours des kilomètres le long de la plage. Le matin je me lève avant le soleil pour aller surfer... du moins prendre quelques vagues avant de partir travailler. Je continue mes aller/retour en France une fois par semaine. Professionnellement je ne peux pas espérer meilleures "scènes". Plus grands challenges. Je prends l'avion en fin de journée pour revenir le lendemain... parfois je fais l'aller-retour dans la même journée pour ne surtout pas perdre le temps précieux dans cette ville où bat mon cœur.

Je n'ai jamais célébré de Saint-Valentin de toute ma vie, moins par principe que par désintérêt pour ce genre de fête. Mais cette année, on décide d'organiser une "contre fête des amoureux" dans l'endroit le plus romantique de la ville, dans un hôtel de rêve... Elle prend des proportions inattendues et disproportionnées. Au 17ème étage je domine la ville, la mer, le monde. Les immeubles sont des fourmis. Les monuments magistraux des grains de riz. Les lumières brillent. Partout. Avec mon doigt je m'amuse à les éteindre une à une... ou à raviver les flammes. A la manière de Sophia Coppola dans Lost in Translation, j'ai les pieds dans le vide, la tête dans les étoiles. Je me jette au-dessus de la ville... Avoir des ailes sert aussi à ça... Il suffit de ne pas les brûler en plein vol.

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lundi, 19 décembre 2011

12 mois... et moi et moi. JANVIER.

Il reste 12 jours avant 2012. 12 jours pour 12 mois.

Petite rétrospective de l'année 2011 en photos et en mots... 2011, une année folle. Une année où j'aurai fini d'évacuer certains démons. Depuis le début de ce blog en 2003 jamais je n'aurai si peu écrit tant j'ai couru après le temps, après les rares jours de repos...

Alors reprenons mois par mois, cette année de mes 30 ans.

Janvier 2011.

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Fin janvier. Vue depuis mon bureau. L'orage gronde dehors et dans ma tête,
et pourtant il n'a jamais fait autant soleil depuis des années !

Je termine de travailler le 31 décembre 2010 à 22h48... Je recommence le 1er janvier à 6h30. Autant dire que le premier jour de l'année est à l'image des 12 mois qui suivent. Une activité professionnelle toujours plus accaparante, toujours plus passionnante, toujours plus riche, toujours plus intense, toujours plus épanouissante.

Au mois de janvier, je travaille 29 jours non stop, prends une dizaine d'avions, tout autant de trains. Je pose mes valises pour quelques mois loin de la France pour mon plus grand bonheur. Nouvel appartement, nouvelle vie, ville de rêve, rythme déjanté à faire la fête une bonne partie de nos nuits et travailler plus de 12 heures par jour. Je me construis une bande de collègues/potes avec qui je ferai les 400 coups. Plus tard, j’appellerai cette période "mon ERASMUS à retardement".

Janvier, j'ai la révélation. Je me prends une baffe tellement énorme en pleine tête le soir du réveillon... que je décide de (re)prendre certaines choses en main. Je découvre tout ce que je m'interdisais de voir. Je découvre l'ampleur de la tâche qui m'attend. Je me suis tellement conditionnée pendant des années qu'il s'agit maintenant de détruire cette prison impénétrable que j'ai construite autour de moi. Cette baffe du 1er janvier me plonge dans une profonde déprime et une complète remise en question. Je décide qu'il est temps d'agir.

Janvier. Je cours après le temps, après les trains, les avions. Professionnellement je fais des rencontres exceptionnelles. Je suis amenée à travailler avec les plus grands, dans les plus grands lieux de la capitale. Je fais la girouette,  j'endosse tour à tour le costume de business woman brillante et d'étudiante attardée. Je passe de réunions au sommet aux lieux de dépravations les plus sordides. Quitte à n'avoir pas de temps, autant l'utiliser à bon escient et à profiter de chaque seconde. Je mords la vie à pleine dent. Je rayonne... et c'est peu dire.

Janvier. 2 tous petits jours de repos inespérés. Entre deux aller-retour en France, je m'échappe pour une si belle escapade avec Marloute fêter ses 30 ans au bord de la mer. Deux filles en goguette. Avec ce tout petit bébé qui nous accompagne désormais, que j'apprends à connaître et pouponne à cette occasion. Nous refaisons le monde des heures durant. Cette amitié que j'angoissais de perdre avec l'arrivée de bébé R. est finalement aussi belle qu'aux premiers jours. Je découvre l'une de mes plus vieilles amies maman. Je réalise tout ce que cela met en abîme chez moi. Je découvre surtout que j'ai banni toute envie maternelle qui m'habitait pourtant depuis si longtemps...

jeudi, 1 décembre 2011

Déconnecter

Une nuit blanche de travail... une charrette comme on dit. Mais dans les conditions les plus idéales qui soient. Des fous rire jusqu'au bout de la nuit, bien entourée. Avec la complicité lointaine de celle qui est dans la confidence et qui permet de faire lever la tête des dossiers au fil de la soirée. Avancer... évidemment mieux qu'en journée car à cette heure-ci les téléphones ne sonnent plus à tout va. Que les mails se calment quelque peu. Noircir des pages et des pages.

Enchaîner sur une bonne grosse journée de taf. Et se dire que non... ce soir finalement on met le hola et qu'on va aller s'aérer l'esprit. Et même si cela coûtera double le lendemain. Se promettre 'un repas rapide, je dois me coucher tôt pour être en forme demain'. Et finalement arriver chez moi à près d'une heure du mat. Après des heures de conversation, de confidences dans ce petit restau si chaleureux devenu au fil des mois mon QG.

Avoir bien trop picolé... mais du vin tellement bon. Deux bouteilles à deux. C'est trop évidemment, mais finalement une bonne manière de déconnecter complétement. Nous aidant à nous raconter nos secrets les plus enfouis. Nous découvrir encore des points communs tellement incroyables. Verser quelques larmes. Parler d'anciennes conquêtes... communes. Ce serait trop simple autrement.

Tendre une oreille sur ce qui se dit à la table de droite. Puis à la table de gauche. Parce qu'il se dit la même chose. Les hommes, les femmes, les amants, les interdits, les zones infranchissables évidemment bafouées. Elles aussi nous écoutent. Tour à tour. Finalement le mieux serait peut être de faire tables communes. On rigole. On prend nos aises. On débat encore et encore de cet éternel sujet que sont les hommes et notre relation à eux.

C'est fou ce que la vie réserve parfois comme revirements de situations. Ennemies d'hier. Confidentes d'aujourd'hui.

Finalement. Les hommes ça rapproche.

Et demain matin le réveil sonnera tôt. Beaucoup trop tôt...

jeudi, 24 novembre 2011

Week end orange

Long week-end inespéré. Des retrouvailles à Paris dans un timing juste parfait. Route vers le Nord. D'abord Lille... puis la Belgique... puis les Pays Bas.

Lille pour une soirée exquise... un hachis parmentier patate douce-confit de canard dont je me souviendrai très très longtemps. Une bonne nuit de sommeil dans une maison fabuleuse où l'on aimerait faire durer encore et encore le petit déjeuner tous ensemble autour de la table le lendemain matin. Une journée à arpenter cette ville que je voulais découvrir depuis très longtemps pour ôter tous mes préjugés. C'est chose faite. Une vraie âme dont manque si souvent la plupart des centres villes aujourd'hui. Des boutiques originales, des salons de thé mignons-mignons, des petits restaus qui donnent envie de s'arrêter à chaque coin de rue, l'impression d'être déjà ailleurs... Une ville où je reviendrai bien vite. Pour un vrai long week end...

La Belgique... Ostende, sur les traces de Ferré. Une soirée où l'on dégote un petit restau penchant entre la baraque à frites et le snack... mais où l'on a finalement mangé un petit festin. Moments de complicité, de rire, de sourire. Moments juste à nous. Le lendemain une journée de déambulation rapide dans la ville. Ostende. Ses gaufres évidemment, ses longues plages, ses fruits de mer vendus dans des petites barquettes pour grignoter en bord de mer... Cette impression bizarre que laisse une ville sans grand charme et sans intérêt... Où l'on se dit que l'on n'y passerait pas l'hiver et que l'on a vu ce que l'on voulait y voir. Pas spécialement beau, pas spécialement moche. "Et qu'on s'demande si c'est utile... Et puis surtout si ça vaut l'coup..."

Et puis, et puis après avoir traversé toute la Belgique, puis les Pays Bas... à chanter à tue-tête dans la voiture, place à Amsterdam. Avec une surprise énormissime en arrivant à l'hôtel. De celle qui vous laisse bouche bée. Et ce si beau bouquet de tulipes pour fêter ça. De quoi donner un immense sourire tout le week end. Un thé improvisé et des speculoos histoire de se remettre de nos émotions. Commencent alors 2 jours à marcher et à errer dans la ville sans s'arrêter. A arpenter les longs canaux. Passer de quartier en quartier en évitant bien consciencieusement le quartier rouge et sa débauche de sexe. Des kilomètres et des kilomètres de découvertes et d'admiration.

Le coup de foudre immédiat pour cette ville. Des vélos évidemment. Des centaines et des centaines. Qui circulent dans tous les sens. Des appartements, véritables vitrines de décoration. Aucun rideau aux fenêtres permettant ainsi de regarder les intérieurs, de s'émerveiller devant la taille des pièces, la beauté des ameublements... un vrai musée à ciel ouvert ! Combien de fois me suis-je arrêtée pour regarder des salons de particuliers et me suis-je prise à rêver d'habiter tel ou tel duplex. Noter des idées, capturer des scènes. Admirer la capacité d'innovation en terme de logements urbains et collectifs. Nous avons tant à apprendre ! Et oser tout simplement.

J'ai tant aimé cette ville. Son petit marché derrière l'hôtel où l'on a acheté des bons fromages. Du tissu pour faire des coussins. Ce supermarché au design très industriel, avec des palettes pour rayonnage. Et en sortant un chariot rempli de speculoos, de réglisse, de crackers aux milles graines, de poissons fumés. Le grand marché aux fleurs où j'ai évidemment fait mes réserves de bulbes pour l'hiver à venir. Des tulipes, des muscaris, des iris, des fresias...

Quelle si belle ville. Quel si fabuleux week end !!

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